Bio-meat Nectar (manga)

Aronaar

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Citation

 

Auteur : Yuki Fujisawa

Publication : de 2000 à 2002

Genres : Action (oh oui !) Drame (si l’on est tolérant sur le terme) Horreur (relative) Shounen

Longueur : 12 tomes (et vu l’histoire, c’est beaucoup)

 

 

Chanceux que vous êtes, ami Lecteur, je vous offre un aperçu d’un manga qui se veut être un survival-horror, j’ai nommé (on ne rie pas) Bio-Meat : Nectar.

Rien que le titre a de quoi intriguer, car a priori, quel mal peut faire de la viande biologique ?

Quand elle ressemble à ce que vous voyez sur l’image, beaucoup, beaucoup de mal.

L’histoire se déroule quelques années dans le futur, dans cette Terre alternative, les problèmes pour alimenter la population mondiale ont atteint un seuil critique, notamment à cause, apparemment, d’un cruel manque de terres cultivables.

Heureusement (au début), le Japon a concocté une solution miracle : les Bio-Meat, abrégés en B-M. Ces charmantes créatures mangent n’importe quoi, sauf le verre et les métaux, nourries aux déchets, elles se reproduisent par parthénogenèse en un clin d’œil, elles peuvent être ensuite conditionnées sous n’importe quelle forme de viande ou poisson.

Comme la matière première est abondante et que les pays ne sont que trop heureux de donner les déchets, dans un marché de tension alimentaire, les bénéfices sont énormes.

 

Bon, admettons pour le coup de la solution miracle, même si beaucoup d’éléments dans les déchets gagnent à être recyclés (cela ne ferait que remplacer un problème par un autre sur le long-terme). Personne ne connaît cette forme primitive des BM, le monde mange à sa faim, tout est rose à Ponyland.

Sauf qu’évidemment, une catastrophe stupide va arriver.

J’écris stupide car le Japon connaît fréquemment des séismes, c’en est un qui produit une brèche dans un des centres d’élevage de BM. Qu’une installation d’une importance économique telle - et avec des organismes aussi dangereux - ne dispose pas d’une armature antisismique ou de systèmes de sécurité redondants, c’est très, très gros.

Enfin, les créatures se répandent, même avec des capacités sensorielles de nimbus, elles produisent un premier massacre de 5000 personnes, dont ne ressortent vivants qu’une bande de gamins archétypiques. Shingo le surdoué sans émotions aux décisions pragmatiques, Mayaa le gringalet simplet, téméraire et à la grande gueule, Buu, le gros malabar plein de compassion et la bimbo pas si bête.

Les B-M réagissent uniquement au son et aux vibrations, toutefois, pour des créatures supposées ne consommer que de la matière inerte, elles font des prédateurs redoutables, une de leurs seules véritables faiblesses étant qu’elles entrent en hibernation sous le soleil.

 

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Avec de telles prémisses, le manga dure étonnamment longtemps (vous allez comprendre après pourquoi) mais ne se prive pas de mettre en scène un nombre dantesques de décès. Si vous avez besoin de votre fixe de gore, vous avez trouvé le bon « endroit » !

 

Trois ans plus tard, une autre catastrophe survient (« tiens, si on amenait en cage notre version US du BM, beaucoup plus grosse et potentiellement ultra-dangereuse ? Ah, c’est illégal mais ça va leur en boucher un coin ») et les mêmes enfants sont encore impliqués. Il est d’ailleurs savoureux de constater qu’ils sont plus aptes à la survie que 99% des adultes concernés.

C’est même un thème qui revient souvent dans l’œuvre, les enfants étant plus doués et sensés que les adultes…

Avant que les protagonistes ne deviennent adultes, bien sûr. Cette deuxième partie, plus développée que la première, prend plus une ambiance de huis-clos d’enfermement avec des créatures monstrueuses, qu’on connaît bien dans le genre.

Au moins se trouve-t-on dans un endroit qui n’est pas conçu à la base pour faire se reproduire les B-M, mais l’ensemble n’est pas beaucoup plus vraisemblable, on voit bien que l’auteur fait ce qu’il veut pour placer des prétextes à de nouveaux drames.

Incompétence et décisions idiotes sont de tristes reflets de la réalité, toutefois, dans Bio-Meat Nectar, il y a juste trop abondance de personnages réagissant de façon purement stupide (ou devenant opportunément dingues) pour qu’on ne soit pas tenté de pousser quelques soupires- ou bien, avec cynisme, de voir la prochaine énormité qui pourrait advenir.

 

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La vitesse de propagation des BM ferait pâlir d’envie cette bonne vieille Némésis de RE3...

 

Là et avec sa troisième partie (Bio-Meat : Nectar est une ode à la survie manichéenne et à la sélection naturelle. En effet, les personnes laides et/ou bêtes et/ou moralement peu défendables meurent toutes à de rares exceptions. Lorsqu’une personne à la belle figure et/ou du bon côté du spectre de la moralité décède, ce sera systématiquement par un sacrifice héroïque plus ou moins nécessaire, comme on les connaît par coeur dans ce genre d’histoires (une brave âme qui attire l’attention des monstres pour donner le temps nécessaire au reste du groupe pour s’enfuir).

Et pour la sélection naturelle, les exemples sont trop nombreux. Je citerai juste, lors de la deuxième catastrophe, un soldat survivant d’une escouade aux effectifs largement décimés par la nouvelle version des BM, clairement averti que les BM sont très sensibles aux sons.

Le but du jeu était, sans spoiler, de laisser passer une horde de créatures sans faire le moindre son pour qu’elles ne les identifient pas comme de la nourriture. Et que fait le brave soldat ?

« Oh, c’est ça, les BM originaux ? Mais ils sont trop mignons ! »

Puis de se retourner en demandant à son Colonel s’il pourrait en emporter un. Quelques secondes plus tard, il crève dévoré vivant. Darwin award ! Ce n’est pas sans une sombre satisfaction, mais ça se répète si souvent que cela en devient un peu ridicule- et enlève un bon pan de crédibilité.

Soldat d’élite, hein ?

Il ne faut par ailleurs pas chercher une quelconque profondeur ou une logique extensive dans ce manga. Dans la troisième partie, le reste du monde n’en a apparemment rien à faire que la moitié du Japon soit envahie par les BM depuis quatre ans, ce n’est pas du tout comme si l’archipel nippon avait une place importante dans l’économie mondiale.

 

Non, on laisse apparemment faire alors que la population est relocalisée sur une île protégée de l’invasion, qui continue à produire les BM, les autres nations larguant leurs déchets sur l’archipel central quasiment vidé de sa population.

Aucune tentative de placer les centres de production dans des endroits plus sûrs et isolés, laissons donc pour l’éternité le pays en proie aux bestioles pour pouvoir faire la moisson régulièrement !

Absolument absurde, tout autant qu’aucune modification substantielle des créatures n’ait eu lieu pour éviter qu’une telle catastrophe se reproduise.

Le prototype d’appareil à radiations pouvant désintégrer la structure moléculaire des B-M ? Projet complètement abandonné ! Et ce qui reste du Japon d’être uniquement protégé par l’armée américaine, en profitant pour avoir de cette viande miracle à bas prix.

 

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L’allure caricaturale des personnages se retrouve souvent.

 

Vous me direz, pourquoi chercher beaucoup de vraisemblance dans une telle histoire ? C’est malheureusement que BioMeat fait moyennement peur avec toute cette stupidité ambiante, qu’on nous sert trois fois la même soupe (avec des croûtons différents, mais ça reste forcé) et que l’on comprend vite l’immunité narrative du quatuor. Les autres meurent à la pelle et attirent moins l’intérêt, le manga est prévisible quasiment d’un bout à l’autre (sauf pour des retournements de situation plus ou moins forcés afin de justifier la longueur), ce qui est très préjudiciable dans ce domaine.

 

Ce n’est pas un nanar, mais outre le truc des BM, c’est une histoire vue et revue. Si vous recherchez un no-brainer, Highschool of the Dead sera plus intéressant, I’m a hero contient aussi pas mal de bêtise ambiante mais est plus recherché, The Walking Dead demeure une référence pour un univers post-apocalyptique sérieux, avec des personnages fouillés psychologiquement, du suspens et de la véritable émotion.

Si toutefois vous voudrez vraiment l’essayer, je vous conseillerai de vous cantonner aux deux premières parties.

La troisième est aussi longue que les deux autres réunies et essaye de prendre de la hauteur en s’appuyant sur contexte plus globale, mais avec les éléments déjà cités, ce n’est guère brillant.

Encore moins quand vous découvrez la raison pour laquelle l’incident qui a tué 90% de la population japonaise est arrivé…



4 Comments


Recommended Comments

Merci d'avoir pris de ton temps pour sauver le nôtre, lel.

Grace à cet article, j'ai aussi appris que les lézards à queue en fouet ainsi que certains requins se reproduisent par ce nouveau mot qu'est la parthénogenèse.

Sinon, ça m'a rappellé Gyo, le dernier manga d'horreur que j'ai lu.

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Merci ! J'ai lu Gyo également et entre les deux je pense qu'il l'emporte tout de même par rapport à Bio-Meat Nectar.

Je dois avouer après que la lecture des œuvres de Junji Itō  est un de mes plaisirs coupables, c'est souvent tellement absurde que j'en retire plus une perplexité amusée qu'un véritable sentiment d'effroi.

 

Aussi, sur les conseils de @Paxdu92, j'ai ajouté une petite "fiche d'identité".

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Un billet bien sympathique pour un manga que je ne connaissais pas ^^
Je dois bien reconnaître que je lis peu de manga pour privilégié l'animation, je suis le genre de personne à acheter des mangas mais à ne jamais finir la série en question (de mémoire je crois que je n'ai que Evangelion et l'arc Battle Tendency dans JoJo's Bizarre Adventure complet en manga 😅).
Bon j'en ai aussi sur mon ordi (Gunnm et Sailor Moon.....ne me jugez pas XD) mais je préfère avoir le livre en main parce que je trouve que c'est beaucoup plus agréable.  

Pour en revenir sur Bio-Meat : Nectar, je ne vais pas te mentir qu'il ne m'attire pas trop malgré son concept.
Le problème viens de moi, j'attache beaucoup d'importance au Chara-Design parce que c'est presque mon seul critère pour l'achat d'un manga et j'avoue que je ne suis pas trop fan pour celui-ci.....mais qui c'est ? Peut-être qu'un jour je trouverai le premier tome et me rappelant de ce billet, je me laisserai tenter (en occasion très certainement 😅).

 

Citation

Si vous recherchez un no-brainer, Highschool of the Dead sera plus intéressant

 

Je confirme ^^
Malheureusement c'est un manga qui n'est pas fini et ne le saura probablement jamais à cause que son auteur est mort d'une maladie (et son frère qui est le co-créateur n'a pas l'air de vouloir reprendre le projet).
Cela me rappelle bien des souvenirs d'ado, j'avais vu l'adaptation animé à l'époque et il avait bien marché chez nous alors que les Français ne sont pas friand d'Echie (du coup, c'était un sacré exploit). D'ailleurs, petite anecdotes, les auteurs faisaient initialement des Hentai avant de faire Highschool of the Dead....ce qui explique beaucoup de chose 😁

Sinon, je voulais juste dire que je trouve qu'il n'y a pas beaucoup d'animé d'Horreur, voire aucun si on considère qu'ils ne font pas peur.
Il est vrai qu'il faut se tourner vers les manga parce qu'il y a beaucoup plus de choix et surtout certains sont à glacer le sang ! 
Dommage pour Bio-Meat : Nectar (on dirai le nom d'un jus d'Orange XD) qui n'a pas l'aire d'être de ceux-la mais à mon avis, c'était pas son ambition.

Edited by DrunkenPenPen

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