Test du jeu "Alien³" (MegaDrive & SNES)

ChatNoirRetro

674 views

Plongeons-nous dans le contexte : 1992, Alien³, troisième opus - comme son nom l'indique - de la saga Alien, réalisé par David Fincher, sort en salles de ciné. Comme pour ses deux prédécesseurs, ce film fut un succès commercial (bien qu'ayant eu un accueil critique partagé), et comme pour beaucoup de films américains fructueux, celui-ci eut droit à diverses adaptations en jeux. Et à peu près toutes les consoles l'ont accueilli : Game Gear, Amiga, Master System, NES... Mais parmi toutes ces versions, je ne me suis attardé que sur deux d'entre elles. Sans plus tarder, voyons ce qu'elles valent. Et n'oubliez pas : dans l'espace, personne ne vous entendra crier...  

 

romstaclette1.jpg.dbc1be95f62e2303f42a7416afd053f6.jpgromstaclette2.png.28e7739a2ebba969f62258e96d638bc0.png234834242_romstaclette3(2).jpg.d5fae79ea1ce99fcbf832b4d5af791da.jpg

Exemples de jeux Alien³ que je n'ai pas testé (et tant mieux). De gauche à droite : la version GameBoy, la version Commodore 64 et la version NES.

 

La première version que j'ai testé s'agit donc du jeu MegaDrive (ou Genesis, pour les américains), développé par Probe Software, filiale d'Acclaim, et édité par Arena Entertainment, autre subdivision d'Acclaim. Je lance alors le jeu, puis, après évidemment le nom du développeur puis de l'éditeur, l'écran titre arrive directement. Aucune mise en place de l'univers, ni de résumé du film. Juste une petite scène d'intro sur fond de musique angoissante assez stylée, mais qui n'en apprend guère plus au joueur sur l'histoire du jeu. Les personnes n'ayant pas vu le long-métrage et ne connaissant pas son synopsis se retrouveront alors fort déboussolées. Mais puisqu'il doit également y en avoir parmi les lecteurs, je vous le résume donc rapidement : Ellen Ripley, survivante d'une attaque de xénomorphes - des extra-terrestres surpuissants -, se crashe sur une planète paumée du nom de Fiorina 161, possédant tout de même un pénitencier recelant divers criminels. Ripley ne se fait alors pas accueillir de la plus belle des façons, mais ce n'est rien comparé au redoutable alien évoluant dans les tréfonds du pénitencier, se préparant à buter un par un tous les prisonniers de ce bagne... Voici donc le résumé de la situation initiale du film, que le jeu ne s'est même pas fait chier à récapituler alors qu'il pouvait tenir sur quelques lignes. 

 

M'enfin, bien que le jeu n'explique absolument pas l'histoire du film, il tentera quand même de suivre plus ou moins le scénario de ce dernier...ou pas. Outre la présence de 130 000 aliens dans le pénitencier alors qu'il n'est censé y en avoir QU'UN SEUL dans le film, on notera également un arsenal d'armes bien pratique pour se débarrasser de la vermine, alors que les personnages devraient être sans-défenses comme dans la version cinéma; et la fin, qui ne correspond absolument pas à celle du long-métrage :

 

Révélation

Ripley n'est pas censée survivre à la fin.

 

Bref, les seuls vrais points communs entre le film et son adaptation sont les décors, concordant assez bien entre les deux œuvres, le personnage central qu'est Ripley, possédant pour le coup le même design que dans le film, et, forcément, les aliens.

 

romstaclette4.jpg.f3cbab4bea22c9dd64a09cf71ef8da55.jpg  

Hey ! Salut, toi ! Tu sais que t'as une belle dentition ? 

 

Mais bon, retour au jeu : Avant de vraiment commencer la partie, je pars jeter un œil dans les options du jeu. Rien de bien exceptionnel : Sélection du nombre de vies, sound-test, choix de configurer les 3 boutons d'action et choix de la difficulté du jeu (j'ai pris la difficulté normale). Bon, cette fois, c'est parti pour de vrai. 

 

Le but du jeu est donc de traverser une multitude de niveaux de plateformes au nombre total de 15, répartis à travers 5 stages différents. Le but de chaque niveau sera donc de sauver tous les prisonniers capturés par les aliens dans le temps imparti, avant de quitter le niveau en allant jusqu'à la sortie. À savoir que les niveaux sont souvent très labyrinthiques et qu'aucune carte de ces derniers n'est disponible in-game; il faudra donc faire attention à bien vérifier chaque coin de niveau, ce qui devient très vite chiant quand les décors sont répétitifs à souhait, ce qui n'est naturellement pas facile pour se repérer, et que certains détenus sont accessibles uniquement via des ¶ω±@¡η de passages secrets de mes deux. Mais ne commençons pas à déjà injurier le jeu... 

 

Le premier niveau commence tranquille. Graphiquement, le jeu est très loin d'être moche. Les décors, bien que très redondants comme dit précédemment, sont jolis, et et les personnages distinguables. Ripley se contrôle bien et on peut switcher entre les armes grâce à l'un des boutons.

 

Bref, tout va pour le mieux jusqu'à la rencontre du tout premier alien, et pour le coup, ça part VRAIMENT en sucette...

 

76185326_romstaclette5(2).PNG.e21c9eaa1f78d3ef17e68d9da10287d5.PNG

"Get away from her, you bitch !"

        

À peine ai-je le temps d'entrapercevoir l'ennemi que celui-ci a déjà foncé sur moi et m'a enlevé de la vie... Oui, les aliens dans ce jeu sont MONSTRUEUSEMENT rapide ! Au point que cela en est quasiment IMPOSSIBLE de les esquiver quand l'on ne connait pas leur emplacement précis de chaque niveau ! D'autant que ces petits salauds n'hésiteront pas un seul moment pour prendre le joueur par surprise, comme en arrivant par le plafond ou en se cachant derrière le décor, par exemple. Comme si le fait que les xénomorphes aient la vitesse de Sonic ne suffisait pas... De plus, Ripley aura la fâcheuse tendance de reculer un mètre plus loin et de rester à terre pendant je-ne-sais-combien-de-temps quand elle se fait toucher; ce qui fera tomber le joueur dans des trous plus d'une fois quand un alien se trouve au bout d'une plateforme sur laquelle on veut sauter... 

 

Mais, bénédiction : afin de se défendre contre ces saletés têtes de concombre, le jeu offre au joueur, comme dit plus haut, un arsenal d'arme bien rempli. On aura donc à notre disposition une mitrailleuse pouvant être utilisée tout en se déplaçant; un lance-flamme, plus puissant que l'arme précédente mais ne pouvant pas être utilisé en course; un lance-missile, pouvant tuer one-shot les prédateurs mais ayant une cadence de tir très lente; et des grenades, pouvant être utilisées afin de se débarrasser des bêtes hors de portée. Bref, de quoi faire pour venir à bout de ces parasites. Néanmoins, il faudra malgré tout prendre soin de ne pas perdre des munitions inutilement. Dans le pire des cas, des munitions pourront toujours être récoltées en abondance à travers les stages, tout comme la vie, que l'on perd TRÈS facilement à cause des ennemis. On pourra également obtenir un radar permettant de détecter les aliens et prisonniers à proximité, ce qui peut des fois être utile, mais devient vraiment frustrant quand le radar se désactive au bout d'environ 1 minute et qu'il annonce un détenu pas loin sans nous indiquer comment y accéder pour le libérer. Bref, un item vite superflu.   

 

N'empêche. Après m'être quelque peu habitué à l'attaque sans pitié des xénomorphes, j'avance dans le niveau, je délivre des prisonniers, j'extermine de l'alien, je fais gaffe aux gouffres, je me grouille, pressé par le temps, et je ré-extermine de l'alien après qu'ils m'aient littéralement tombés dessus par surprise. Et finalement, très rapidement, je me rend compte que ce jeu n'a pas l'air d'être ce qu'il est : c'est un vrai jeu d'action ! Oui, un jeu d'action estampillé Alien. Cela peut être très paradoxal quand on connaît l'ambiance générale des films. Mais, en réalité, le joueur ne s'en préoccupera peu, car le jeu est en fait très fun (aux premiers abords). Ainsi, bousiller de l'alien à outrance deviendra une petite partie de plaisir. De plus, la musique très vive et rythmée collant vraiment bien à chacun des stages viendra contribuer à rendre le gameplay le plus nerveux possible. 

 

 romstaclette6.jpg.c5f7d0872bff4bb8a9f72a3aa0afeadf.jpg

Les niveaux sont souvent entrecoupés de phases dans les conduits d'aération relativement stressantes. 

 

Bref. Je viens à bout du premier niveau et enchaîne avec les deux suivants. Enfin, j'accède au premier boss. Dans ce jeu, le joueur devra affronter un boss tous les trois niveaux. Ces boss sont évidemment 5 fois plus résistants que les adversaires, on en aura donc pour notre chargeur. Fort heureusement, des munitions sont régulièrement lâchés dans l'arène pour nous aider à les terrasser. Bref, tout devrait bien aller si il n'y avait pas un léger détail : LES ATTAQUES DES BOSS SONT ULTRA-RAPIDES !!! Sans rire, les boss nous cracheront régulièrement des jets d'acide juste impossibles à esquiver si on n'a pas un œil de lynx ! De plus, les boss n'ont que très peu de différence entre eux, ce qui est dommage...

 

Néanmoins, le premier boss est plus ou moins simple à battre, et je le vainc assez facilement. J'atteins ensuite le 2nd stage, et non seulement la difficulté commence violemment à se faire ressentir, mais de plus, un nouvel ennemi est introduit... Profitons-en pour parler du bestiaire. Dans ce jeu, les ennemis sont peu variés, les seuls que le joueur rencontrera sont les aliens de base, les boss, et, ceux dont je viens d'évoquer, les œufs, pondant à intervalle régulier des facehuggers - des sortes de scorpions s'accrochant au visage du joueur -, s'accumulant très progressivement au point où l'on se retrouve vite envahi par des petites merdes quasi-supersoniques qui nous bouffent toute notre vie sans que l'on est le temps de rien faire... Mais à part les xénomorphes, le joueur devra également faire face à des obstacles presque aussi dangereux que ces derniers, voire plus : des ventilateurs géants, des pentes qui nous enlèvent de la vie si nous les descendons de trop haut, des tonneaux explosifs, des...gouttes d'eau se confondant avec le décor ?! Bref, tout et n'importe quoi peut tuer le joueur. Mention spéciale aux maudits trous cachés dans le dernier stage, menant directement à des baignoires de lave...

 

316364712_romstaclette7(2).jpg.933252f0e4235083d6f92979a61579b2.jpg

Ennemi en approche !

 

Maintenant, à force, vous l'aurez compris : Alien³ sur MegaDrive est ridiculement difficile, à des stades presque extrêmes. Outre la rapidité fulgurante des ennemis, les projectiles des boss inévitables, les éléments du décor tueurs, les trous cachés, les niveaux labyrinthiques au possible, le level-design très mal pensé par moment et l'absence de carte, le jeu aura également pensé à régler le chrono des niveaux de sorte à forcer le joueur de ne rater aucun prisonnier sur son passage, sous peine de ne pas avoir le temps de revenir en arrière pour libérer les laissés-pour-compte. On ressent qui plus est le fait que le jeu a été pensé pour être foncièrement rageant à maints passages, vu l'architecture des stages, dont les derniers se feront camoufler par des éléments au premier plan, cachant parfois intégralement l'action du jeu. Et pour combler le tout, le jeu est somme toute très répétitif : tous les niveaux ou presque consisteront à chaque fois de sauver les prisonniers comme expliqué au début. Pourtant, le soft propose à quelques moments de changer de gameplay, comme s'enfuir d'un niveau le plus vite possible en se frayant un chemin à travers les émeutes d'aliens, ou encore retrouver tous les détenus à travers un vrai labyrinthe, dont les aliens sont absents (pour notre plus grand plaisir). C'était une bonne initiative, malheureusement très peu exploitée.

 

Mais là où le jeu dévoilera sa fourberie la plus totale, là où le joueur ne pourra plus se retenir de crier furieusement, là où les développeurs avaient probablement pété les plombs, c'est lors du boss final, où non seulement on a repris ENCORE une fois le même modèle de base, où non seulement on a foutu des merdes au premier plan histoire que le joueur ne puisse même plus avoir une infime chance d'esquiver les projectiles de l'ennemi car il NE LES VOIT MÊME PLUS, mais où, en plus, comme si ça ne suffisait pas, ils ont mis... 2 FOIS LE MÊME BOSS EN MÊME TEMPS !!! Car un boss chiant, c'est pas assez ! Bref, un jeu rageant comme on ne les aime pas.

 

 romstaclette8.PNG.7f1fba6e64922d04640b37e36f7131cc.PNG

La sortie ! Enfin !

 

Pour conclure, Alien³ sur MegaDrive est un jeu sympathique aux premiers abords, mais qui est vite gâché par sa difficulté ahurissante. Le jeu est impeccable du coté de la bande-sonore et des graphismes (quoique assez répétitifs et possédant des décors au premier plan mal pensés) mais rencontre d'importants soucis au niveau du game-design : ennemis mal placés et trop rapides, architectures anarchiques, niveaux répétitifs, etc... Toujours est-il que le jeu, avec son gameplay assez défoulant, peut être très fun si l'on met de coté ses nombreux défauts. Alien³ n'est donc pas un jeu particulièrement mémorable, et c'est dommage, car il aurait pu être vraiment bon s'il n'était pas ardu à ce point. Bref, un jeu qui était prometteur, mais qui a été entaché par sa difficulté. 

 

Note :

10/20

 

Mais ne désespérons pas ! La version MegaDrive n'a beau pas être folichonne, il reste encore l'autre version du jeu que j'ai testé, et qui, pour le coup, s'éloigne à vue d'œil de celle-ci. Testons de ce fait la version SNES, sortie peu de temps après la version précédente, encore développée par Probe Software et éditée par LJN (encore une autre filiale d'Acclaim) !

 

romstaclette9.jpg.7cd85552acd80e52abb303d542f388a9.jpg  

Ils ont vraiment le chic pour faire des séquences d'ouvertures stylées, chez Acclaim !

 

Le jeu débute par une introduction toujours aussi classe prenant cette fois la peine de résumer l'histoire du film. Bonne chose de corrigée. Par la suite, j'accède à l'écran titre, et je me rend compte que le jeu offre cette fois-ci un système de mot de passe, permettant de reprendre l'aventure là où le joueur s'était arrêté afin d'éviter de tout recommencer, contrairement à la version MegaDrive; un mot de passe étant donné à la fin de chaque niveau. Bonne chose de corrigée également.

 

Bref, je sélectionne "New Game", toujours avec la difficulté normale, et l'aventure débute. Premier stage, c'est parti. Le jeu se présente donc encore comme un jeu d'action/plateformes, quoique cette fois moins bourrin, où l'on doit explorer les corridors de Fiorina 161 tout en dézinguant de l'alien à tout va à l'aide de nos fidèles armes pratiquement identiques à celles de la version MegaDrive, que sont la mitrailleuse, le lance-flamme pouvant cette fois être utilisé en mouvement, et le lance-grenade; le lance-roquette étant supprimé de l'arsenal. Par contre, aucun objectif ne nous est attribué dès le départ. Pas grave, j'avance jusqu'à rencontrer le premier xénomorphe, et là, bonne nouvelle, la difficulté a clairement été revue à la baisse, et les ennemis ne sont donc plus aussi prompts que d'antan, nous laissant ainsi beaucoup plus de temps pour les buter. Énorme soulagement pourtant probablement hâtif. Bref, j'avance jusqu'à trouver un terminal qui permet au joueur de choisir une mission parmi une liste définie. Le but du jeu est donc de compléter tous les objectifs des différents niveaux, au nombre de 6 en tout. Cela pourrait paraître très court comme durée de vie pour certains d'entre vous, mais qu'ils se détrompent : outre la liste de missions pouvant aller de 6 à 8, ces dernières nécessiteront pas mal de temps afin d'être accomplies, que ce soit à cause de l'architecture immense des niveaux qui devront être explorés de fond en comble, de la suppression du timer laissant donc maintenant tout le temps au joueur pour finir les missions, ou d'autres façons bien moins subtiles afin de rallonger la durée de vie, mais j'y reviendrait plus tard. En tout cas, le jeu nécessitera plus d'une demi-douzaine d'heures afin d'en venir à bout, ce qui est très rentable pour un jeu SNES de '93... 

 

romstaclette11.png.f6110de1c8ab391207506604d8c9a6e4.png

Ripley possède toujours son look du film. En même temps, pourquoi la version SNES serait moins fidèle que celle MegaDrive ? Quoiqu'il y a toujours 130 000 aliens dans la base face à l'unique du long-métrage...

 

Bref, je choisis mon objectif, puis après un speech de ce qu'il faut faire, j'arrive sur un menu où j'ai le droit de quitter le terminal afin de commencer la mission, de revoir le speech au cas où, et, surtout, d'avoir un aperçu du niveau afin de savoir où il faut aller. Hourra ! Les développeurs ont corrigé ce défaut majeur de la version précédente, qui rendait les niveaux si labyrinthiques. Cette fois-ci, le joueur a droit à une carte permettant de naviguer sur un plan simplifié de l'environnement et peut ainsi déterminer les endroits où aller et comment y accéder. Malgré un système de navigation peu ergonomique (on passe de salle en salle grâce à un curseur à contrôler avec la croix directionnelle...imaginez la galère), cet ajout permet néanmoins de ne pas se perdre bêtement dans les dédales des stages et aide également à se construire un trajet assez clair jusqu'au point de mire. Qui plus est, les items à ramasser comme les munitions d'armes ou la vie sont affichés sur la map, permettant ainsi au joueur d'aller les chercher aisément. Bref, une fonctionnalité inédite bien pratique.

 

La première mission du jeu consiste donc à sauver des prisonniers retenus en captivité par les aliens à certains endroits précis. Tiens, cela me rappelle grandement quelque chose... Ouais, les objectifs de ce jeu ne seront pas très originaux, et reviendront la très grande majorité du temps à sauver des détenus, réparer des éléments défectueux, tels des tuyaux ou même des boîtes à fusibles, détruire des œufs d'alien et condamner des issues, etc... Bref, pas très palpitantes, comme missions. Mais là où ça pose problème, c'est quand elles se répètent inlassablement à chaque niveau, sans aucune différence quelconque mis à part la structure de ceux-là (cela dit, même les décors se répètent entre les niveaux). De ce fait, le joueur aura au fil du temps de plus en plus l'impression de faire exactement la même chose, ce qui est en fait bien le cas, quand on prend du recul... Et cela ne sera franchement pas aidé par les allers-retours constants entre les terminaux et les missions, ce dont je reviendrais un peu plus tard.

 

38854021_romstaclette12(2).PNG.d0edc7f8cdaef1f02a1cd043739d1879.PNG     

Les longs monologues de Ripley expliquant l'objectif de la mission et les lieux où aller sont quand même assez chiants à la longue. Et bien sûr, aucun moyen de les accélérer !

 

Après ça, je me dirige donc vers les lieux de la mission. Profitons-en alors pour parler des commandes du jeu. En soi, Ripley est contrôlable sans véritable soucis. Le système d'attaque est correct, les armes étant désormais assignées à chacune des touches, ce qui peut toutefois être assez peu pratique lorsque le joueur confond les boutons alors qu'il est en plein dans le feu de l'action. Ripley n'a pas non plus d'énormes problèmes pour se déplacer, et elle peut cette fois rester accroupie afin de se débarrasser des ennemis plus bas qu'elle. Non, là où la maniabilité foire, c'est au niveau des sauts. Étrangement, à chaque fois qu'elle saute, Ripley part vers l'avant, rendant l'inertie des sauts peu évidente à gérer. Toutefois, cela n'est rien lors des phases d'action où le joueur n'a pas essentiellement besoin de sauter; mais lors des phases de plateformes, là où les sauts jouent la plus grande partie du boulot, ce sera un sacré calvaire pour atteindre les plateformes qui ne cessent de bouger. Mais dans l'ensemble, la maniabilité du soft reste correcte.

 

Je mène donc à bien ma mission en délivrant tous les prisonniers indiqués (bizarrement, il n'y a pas besoin de sauver TOUS les prisonniers du niveau, mais seulement ceux demandés dans l'objectif...), tout en dessoudant des aliens sur mon passage et en récoltant divers items pouvant m'être bien utiles pour ma progression, notamment les munitions, que l'on peut perdre rudement vite dans ce jeu à cause de ces foutus xénomorphes. Oui, tout comme la version MegaDrive, il arrivera fréquemment au joueur d'être attaqué en masse par des saloperies d'ennemis ne lâchant le joueur à aucun moment. De plus, les créatures deviendront de plus en plus résistantes tout du long du jeu. Les armes se videront donc de leur chargeur très rapidement. Heureusement que des munitions sont disponibles à l'infini partout sur la map, comme dit plus haut. Mais encore faut-il avoir assez de munitions pour pouvoir accéder aux endroits les plus abondants sans embûche... M'enfin, le joueur pourra toujours récupérer des améliorations d'armes afin de rendre ces dernières encore plus puissantes, au point de pouvoir tuer les ennemis en un seul coup. 

 

romstaclette10.png.6182221e580b77001b8726339c954f56.png

ET BOUM !!! Un alien de moins !

 

Et puisqu'on vient de le mentionner, parlons désormais du bestiaire de cette version-ci. Contrairement à la version de la console de SEGA où à peu près tous les éléments du décor, en plus des aliens, pouvaient tuer le joueur; cette fois-ci, sur la console de Nintendo, il n'y a plus de ça : plus de gouttes d'eau tueuses, plus de trous cachés soûlants... Cette fois-ci, seuls les ennemis possédant une Intelligence Artificielle peuvent nous tuer. Il n'y a même plus de dégâts de chute comme dans l'autre version ! Mais est-ce pour autant que le jeu devient moins dur ? M'ouais... 

 

Cette fois, les espèces de xénomorphes sont davantage variées, et l'on retrouvera du coup toutes celles étant déjà parues dans les films : que ce soit les facehuggers ou les Mères aliens, en passant par les chestbusters (le stade embryonnaire des créatures, ressemblant tantôt à des vers, tantôt à des bébés extra-terrestres quadrupèdes) ou bien sûr les aliens de base. La résistance ainsi que la puissance de toutes ces bêtes étant indiquées par leur skin, allant du noir au bleu pour les plus puissants; le joueur pourra ainsi se préparer s'il se trouve devant un prédateur qu'il sait difficile à battre. Mais...encore faut-il qu'il puisse s'y préparer. Oui, j'ai eu beau dire que le jeu avait revu sa difficulté à la baisse comparée à celle de la version MegaDrive, en modifiant par exemple la vitesse des ennemis ou en virant les éléments dangereux du décor... Mais on ne pense cela qu'au début du jeu, car plus on avance, plus on prend conscience que ce jeu est ABOMINABLEMENT DIFFICILE : les ennemis, assez inoffensifs quand ils sont seuls, voire en petits groupes de 2 ou de 3, deviennent réellement coriaces quand ils attaquent en bande de 5 à 10 et qu'ils sont vraiment bien organisés pour ne laisser aucune chance au joueur (il m'est déjà arrivé de me faire prendre en sandwich en ne pouvant absolument rien faire). Cela se fera surtout ressentir dans les endroits où des œufs d'alien sont présents : gérer les facehuggers se générant constamment fera devenir fou le joueur. Encore heureux qu'on puisse détruire les œufs... Cela dit, détruire ces derniers ne servira finalement pas à grand chose, car tous les ennemis respawnent éternellement après avoir été tués, le joueur ne sera donc JAMAIS en paix et ne pourra à aucun moment traverser les couloirs d'un niveau sans avoir à user de son chargeur.

 

Au moins, Ripley n'a plus son animation super chiante quand elle se fait toucher par un ennemi de la version MegaDrive. Au lieu de ça, elle recule légèrement et est invulnérable pendant quelques instants. Ça aussi, c'est une bonne chose de corrigée, même si ça ne rattrape pas la difficulté ahurissante du titre, mais... c'est déjà ça.

 

1759225686_romstaclette13(2).PNG.dc7d47c6951bceacb60379d4bde7c686.PNG

Les combats de boss contre les Mères aliens ne sont pas particulièrement difficiles, mais plutôt...chiants.

 

Mais bon, les ennemis qui prennent en orgie le joueur ou qui reviennent indéfiniment, tout ça, c'est bien beau, mais ce qui fera sans nul doute vraiment craquer le joueur après plusieurs heures de jeu, c'est les allers et retours constants entre les terminaux et les missions par l'intermédiaire des conduits d'aération. Que cela soit bien clair : je n'ai normalement rien contre les jeux tentant désespérément de rallonger leur durée de vie en usant d'allers-retours douteux, du moment que cela n'est pas envahissant. Mais dans Alien³, outre le fait que le joueur devra constamment passer par des conduits longs et pouvant tourner en rond, et que près du tier du jeu (si si, du tier) se déroulera dans ces foutus conduits; ces derniers seront en plus truffés d'ennemis n'attendant qu'à pouvoir prendre le joueur par derrière quand il passera. Ainsi, le joueur ne sera à un moment plus du tout surpris de se voir attaquer par une bande d'aliens dégénérés. Mais si seulement ce n'était que ça...

 

Certains conduits sont reliés par des échelles sur lesquelles rôdent des facehuggers belliqueux, qui n'hésiteront pas à faire tomber le joueur montant à l'échelle si ce dernier a le malheur de les toucher. Et ce n'est pas tout ! Certains ennemis seront également collés à la paroi du haut des conduits, et ne pourront ainsi être tués qu'avec le lance-flamme. De ce fait, si le joueur possède le désavantage de ne plus avoir de fuel dans son chargeur, il sera inévitablement touché par ces salauds. Bref, chaque passage dans les conduits d'aération deviendra une partie de souffrance dans les derniers niveaux du jeu. Mais la goutte d'eau qui fait déborder le vase (ou qui tue le joueur, à voir), c'est l'absence totale de continue. Oui, si le joueur se fait tuer lors d'une mission, il ne reprendra non pas la mission du début, mais carrément TOUT LE NIVEAU DU DÉBUT ! Et ça, même s'il était sur le point de finir celui-ci. Même pas de seconde chance, RIEN ! Je ne sais pas quelle sorte de mouche a piqué les développeurs à ce moment-là, mais quoiqu'il en soit, tous ces éléments frustrants, énervants, voire rageants qui ponctuent régulièrement le jeu le rend décisivement aussi difficile que la version MegaDrive, voire même encore plus, selon moi. Ainsi, je m'en suis vu honteusement obligé d'user des cheat codes permettant d'avoir des munitions et de la santé infinies afin de venir à bout de ce jeu...

 

...ne me regardez pas comme ça, je suis persuadé que vous auriez fait pareil à ma place. 

 

2082952792_romstaclette14(2).PNG.2ae1247c8a2ee412bde91fa9173c0069.PNG

Foutus passages dans les conduits d'aération...

 

Bon, assez parlé de la difficulté, parlons désormais des aspects techniques du titre. Graphiquement, le jeu est...correct. C'est loin d'être l'un des plus beaux jeux de la SNES, mais c'est loin d'être l'un des plus moches non plus. Les animations des personnages sont très fluides, et les couleurs ternes des personnages collent assez bien à l'univers des films, tout comme celles des décors. Néanmoins, ces derniers deviendront quand même très répétitifs et manqueront méchamment de variété. Mais bon, dans l'ensemble, les graphismes restent à saluer. Quant aux musiques, c'est du même acabit. Loin d'être aussi dynamique et mémorable que celle de la version MegaDrive, l'OST restera audible et rythmera efficacement les différentes missions du jeu, les musiques semblant s'adapter aux situations. Enfin, l'ambiance générale du jeu est très bonne et correspond pour le coup vraiment bien à celle du film. L'atmosphère glauque et oppressante saura être reprise ici, et le jeu réussira à être un peu stressant par moment. Bref, rien de vraiment mauvais sur le coté technique du soft, on regrettera tout de même des musiques légèrement répétitives, et des bruitages déconnant pas mal par moment.

 

Le jeu sait également respecter le matériau de base, en reprenant, comme je viens de le dire, l'ambiance du film, ainsi que ses personnages, comme Ripley - évidemment - et tous les types d'aliens parus dans le long-métrage ainsi que dans les opus précédents. Le jeu a beau encore offrir au joueur diverses armes assez puissantes, sa fidélité au film restera malgré tout très bonne, et proposera cette fois-ci un ending collant un peu à celui du film, bien que frustrant. Toujours une bonne chose de corrigée.

 

romstaclette15.PNG.dd3646f699a24abc462e322517d2f745.PNG  

Ne rêvez pas, ceci n'est que la cinématique de fin. Sérieusement, cette scène aurait pu faire un boss de fin génial ! Potentiel gâché...

 

En conclusion, Alien³ sur SNES est un jeu sympathique aux premiers abords, mais qui est vite gâché par sa difficulté ahurissante, tout comme la version MegaDrive. Corrigeant bien des défauts de cette dernière, comme l'absence de carte, la rapidité des ennemis, le timer serré, etc; cette version n'en reste pas moins décevante de par ses défauts flagrants, comme ses allers-retours gavants, ses ennemis réapparaissant éternellement et qui attaquent non-stop le joueur, la répétitivité de ses objectifs, etc. Ce jeu possède ce nonobstant des qualités qu'il partage avec la version concurrente, comme les graphismes, musiques, et autres; bien que ces derniers étant directement opposés. Bref, la version SNES d'Alien³ est un jeu qui avait du potentiel à revendre, mais qui, comme la version MegaDrive (je ne compte définitivement pas le nombre de fois où j'ai dit le nom de cette console dans ce test), a été souillé par sa difficulté hors norme, ainsi que ses autres défauts.

 

Note :

11/20

 

En bref :

Dans l'espace, personne ne vous entendra crier...de rage ! Les adaptations MegaDrive et SNES du film Alien³ m'ont toutes les deux laissé un goût amer. Pas mauvaises, elles possèdent quand même de sacrés défauts leur empêchant d'être de vrais bons jeux; leur difficulté exorbitante étant la principale. Malgré cela, elles possèdent toutes les deux des qualités leur étant propres, notamment les graphismes, colorés et cool chez l'un, sombres et oppressants chez l'autre, très jolis dans les deux cas; ou même les musiques, bien que celles de la version MegaDrive m'aient bien plus marqué. Au final, je dirais que la meilleure version entre les deux jeux est celle SNES, car elle a au moins le mérite de respecter davantage le film original; mais les deux jeux restent à peu près égaux, en qualités comme en défauts.

 

Notes :

10/20 pour la version MegaDrive

11/20 pour la version SNES 



1 Comment


Recommended Comments

"- Vas-y hurle, dans l'espace personne ne t'entendra hurler

- Mais on n' est pas dans l'espace !

- De toute façon les jeunes ne comprendrons pas cette référence" (voilà pour la référence 😆)

 

Sérieusement, j'avais joué aux 2 versions et je préfère la version Megadrive pour son côté "arcade" (même si c'est pas de l'arcade), après, la SNES joue plutôt sur son côté "mission ouvert" et comme tu l'a dit, les deux se valent plus ou moins.

Dommage que ce sont des jeux très moyens, surtout que je suis fan de la franchise (et oui, je mate pas que des animes ^^), d'ailleurs Alien Le Retour fait partie de mes films préférés (j'ai bien aimé la petite référence pour ce dernier dans ton article).

En faite, c'est plutôt drôle de savoir que les meilleurs jeux Alien sont des jeux...inspirés d'alien (sauf celui sur arcade par Konami), je pensai surtout à la série des Probotector (surtout le 2 au passage qui est mon jeu de l'enfance).

 

Voila tout et une fois de plus, c'était un super article 👍

Share this comment


Link to comment