Loup Ardent 4 : Les Maître du Mal [Critique de Livre]

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MaiffaInes

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(Note pré-critique : Cet article était destiné au départ au E-magazine ''La Bibliothèque de Kalte".
Le magazine étant fermé à présent, je me permet de mettre ici l'article comme il aurait dû être. Bonne lecture.)

 

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Ah Brennan…
Loup Ardent a été jusqu’à présent un échec. Et une fois que l’on termine ton troisième volume, tu t’arrange tout de même pour nous en pondre un quatrième en nous gardant des questions ouvertes au début du volume précédent. Mais au final, est ce que cette fois ci, pour cette ultime histoire, as-tu réussit ?

 

La réponse, je vous la donne tout de suite : c’est non.


Il n’est, je pense, plus utile de présenter Loup Ardent : c’est un Conan bas de gamme, puisque non seulement nous n’avons pas une histoire impitoyable, mais de plus, là où Conan termine son histoire en devenant lui-même un seigneur aussi impitoyable et sanguinaire que le monde dans lequel il vit, Loup Ardent devient certes un seigneur, mais pas par le mérite, mais uniquement par l’héritage… et pour rester un sous-fifre des seigneurs plus haut placés que lui. Il est difficile de prendre au sérieux un personnage auquel il faut prononcer le premier mot de son nom de façon exagérément grave pour des prétextes discutables, qui possède une arme magique nommé Exterminator, et qui déclare sans cesse se méfier et détester la magie tout en nous la laissant utiliser aussi longtemps que l’on possède des points de pouvoirs.


Ce personnage, est en toc, son univers, bien que cohérent et consistant sur quatre volumes, est en toc. Et surtout, la courbe de difficulté est complètement foirée : deux premier volumes trop faciles et linéaires, un troisième volume qui est un véritable enfer ludique à cause de la tricherie quasiment obligatoire…

Comprenez bien, il n’y a qu’un seul changement, c’est au niveau des tests de compétences. Auparavant, il fallait faire un test tout simple pour essayer d’obtenir moins que notre total dans l’une de nos statistiques. Par exemple, lorsque Loup Ardent essaye de courir la gueuse en faisant un test de Séduction, on lançait deux dés, on multiplie par huit le résultat et on le compare à notre score de Séduction. Si on obtient un nombre inférieur, c’est réussi sinon, c’est l’échec (et souvent la mort). Et maintenant, le système, c’est on a un seuil de difficulté (10) qui diminue en fonction de notre caractéristique (-1 au seuil de difficulté tous les 5 points au-dessus de 50) et qui donc, favorise encore plus les gros scores lors de la construction de personnage. Ne vous posez pas de question, il faut que vous ayez les plus grosses statistiques possibles, puisqu’il vous faut absolument un personnage avec plus de 600 points de vies, ou sinon on vous tue de manière totalement arbitraire juste avant le combat final. Quel plaisir de recommencer du tout début, juste pour tricher et gonfler son personnage au maximum tout en faisant des gestes très grossiers de la main vers l’auteur. Parce qu’au bout d’un moment, les bêtises, ça va bien, surtout quand c’est constant sur une série dans son entier et que là, pour le dernier volume, on a même décidé de faire un best of des pires idées possibles, c’est bon, moi je suis gavée aussi au bout d’un moment.

 

Vous ne me croyez pas ? Mais fort bien, laissez-moi donc vous conter l’histoire de ce formidable livre. Le matériel pour vous blesser vous-même se trouve sur votre droite.

On commence donc par un mariage où l’occasion est donné pour faire un peu de références aux autres volumes en name droppant des personnages. Le mariage dont on pourrait se moquer totalement à cause de son illustration moche et illisible et de son manque de préparation. Soit on arrive dans la série et on sait juste qu’on va se marier avec une inconnue, soit on suit la série depuis le début et on sait que l’on va se marier avec une presque inconnue. Joie. Et aussitôt marier, au lieu d’aller en nuit de noce, notre barbare se fait accoster par la prêtresse de je ne sais plus quel culte pour qu’il parte à l’aventure et sauve le monde, mais à partir de là, on a toutes les mauvaises idées que l’auteur ait pu avoir. L’épreuve préliminaire dans un lieu fermé ? Il est là, et en plus, il consiste cette fois en une ligne droite sans saveur et avec des ennemis lambda… tout en restant très difficile, parce que ça aussi, Brennan a décidé de le garder. Mais ce n’est pas suffisant. On nous ressort ensuite l’illusion de choix de route, puisqu’il faut choisir quelle crypte nous allons visiter, et forcément, la bonne solution est la crypte la plus lointaine ! Comme au deuxième volume oui ! Et puis le labyrinthe complètement aléatoire et arbitraire aussi, hummm, ça fond dans la bouche et ça vous reste bien sur l’estomac, et n’oublions pas pour terminer, les deux localités à visiter par le biais d’un plan, qui sont vides ou presque, ne servant complètement à rien.

 

Il y a bien entendu des fulgurances, des moments où on a d’excellentes idées. Comme cette énigme ou on doit deviner le nom d’une dryade, ces quelques rencontres dans la forêt labyrinthique qui témoigne d’un véritable univers qui regorge de vie, et le fait qu’il faille tuer notre femme à la fin. Enfin, sur ce dernier point, j’y met tout de même une réserve : le récit essaye de mettre un maximum l’emphase sur la tragédie à ce moment précis, sauf que, je vais le répéter, cette dame est très certainement la plus adorable du monde, mais elle nous est tout de même totalement inconnue. Le barbare anobli est donc très triste certainement, mais il ne faut pas exagérer, personnellement, moi, on me montre une cible que j’ai à peine connu, je ne réagis pas, même si on me sort les grands violons. D’ailleurs, les fameux maîtres du mal sont juste des silhouettes encapuchonnées aux statistiques abusés, ni plus, ni moins.

 

Et dans cette fin, ce qui sent le plus mauvais, c’est la difficulté qui est de nouveau relevé avec un dragon à 800 PV, un triple boss aux statistiques abusés et des morts instantanés à la pelle, mais pire encore (oui c’est possible) c’est à quel point l’auteur rush les derniers points de l’intrigues ! Une preuve d’incompétence crasse, puisque l’identité véritable de ceux ayant fait la Horde, tout comme celle ayant fait Exterminator ou bien la véritable forme du démon qui vous accompagne, tout cela, on n’en a rien à faire au moment où tout ce qui nous importe c’est de venger la mort de notre femme. Je dirai même que le personnage auquel on voudrait faire des adieux déchirants, c’est même cette épée nous ayant accompagné tout au long de quatre volumes, tout aussi dénué de personnalité qu’elle est.

Concluons…

 

Note Gameplay : 4/20

Note Lecture : 6/20

Note globale : 5/20

 

Loup Ardent est un échec complet, de A à Z, du début jusqu’à la fin de la saga, ayant à peine de bonnes idées pour qu’il reste en mémoire. Brennan était clairement ici dans l’expérimentation, mais il a refusé de faire un compromis à chaque moment de la construction de sa série et de son gameplay. Toujours linéaire, de plus en plus difficile, avec des environnements génériques, et comme pour faire une mauvaise blague, Les Maîtres du Mal cumule tous les côtés les plus néfastes de la série. C’est presque du sabotage à ce niveau. Heureusement, il fera beaucoup mieux par la suite, mais bon sang… Il était temps que ça s’arrête avec le barbare en carton.

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