Cage of Eden- où pourquoi il ne faut pas mélanger Lost et Jurassic Park

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Aronaar

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Citation


La survie. Dans nos sociétés industrielles  où beaucoup connaissent un certain de degré de sécurité – habitation, nourriture, soins etc. – et où le principal prédateur est l’humain lui-même, voilà un thème qui est accrocheur depuis des lustres...

Apocalypse zombie, catastrophe nucléaire, désastres climatiques,  invasion de créatures mutantes, maladie mortelle- les variations sont nombreuses.

Cage of Eden, pour sa part, se situe au croisement de Lost et de Jurassic Park. Après des perturbations atmosphériques,  un avion transportant plus de 200 passagers est forcé de se poser sur une petite île.

L’atterrissage d’urgence se passe étonnamment bien (l’avion est intact !) mais la radio est cassée, et les passagers découvrent bientôt que l’île abrite de nombreuses espèces préhistoriques supposées éteintes- mais bien vivantes, et très enthousiastes à l’idée d’ajouter ces bipèdes à leur régime alimentaire !

La lutte pour la survie s’engage donc, ainsi que pour celle concernant le mystère de cet endroit isolé- et, naturellement, trouver un moyen de s’échapper.

Un concept intéressant… Pour les premières dizaines de chapitres, avant que les problèmes ne se multiplient et ne se cristallisent. Armez-vous d’une lance à silex, ami Lecteur, et explorons ce que peut valoir Cage of Eden !

 

 

Version PDF : https://drive.google.com/file/d/1nsJQzRI9MLvvthppBsL2X2kL8WwiUm9J/view?usp=sharing

 

Dessine-moi un dinosaure

 

Une précision avant toutes choses : vous verrez parfois le manga catégorisé dans l’horreur, et si c’est cela que vous recherchez, vous allez être déçu.

Bien entendu, on comprend la terreur des personnages (dont beaucoup sont des adolescents, notamment des collégiens) face aux hôtes de l’île, par exemple une ancienne espèce de crocodiles aux longues pattes,

qui contrairement à nos sauriens actuels, sait très mal nager mais se déplace avec aisance sur le sol.

Naturellement, le corps désarticulé d’une jeune femme ayant servi de jouet à une sorte d’énorme enfant gorille est horrifique.

Mais la menace, le plus souvent, est clairement affichée, qu’elle provienne des bêtes ou des autres humains, par ailleurs, la mangaka ne verse pas dans des scènes de mort détaillées, ni même trop dans le gore. La sensibilité à ce qui fait peur varie grandement d’une personne à une autre, cela dit Cage of Eden n’a pas un énorme potentiel dans ce département-là.

Par contre, et je dirai même bien au-delà de l’aspect survie, l’œuvre est un shônen jusqu’au bout des ongles- ce qui est à la fois un avantage et un désavantage.

L’avantage est que si vous êtes amateur du genre, vous allez être servi. Un peu plus de la moitié du manga (une centaine de chapitres- il en contient 185, en 21 volumes) est en effet rempli à foison de bestioles sanguinaires et affamées, des pseudo-ours jusqu’à d’énormes oiseaux carnivores, en passant par les tigres à dents de sabre.

Les combats sont donc fréquents, à tel point qu’on a l’impression de passer par « le monstre de la semaine » avec ses particularités que le nerd du groupe explique, avant d’être résumées à la fin du volume par de courts passages encyclopédiques.

Ça cogne, ça panique, ça élabore des stratégies pour tenter de l’emporter contre des créatures évidemment mieux armées que nos protagonistes pour tuer, il y a des retournements de situation et des démonstrations de bravoure éclatante…

 

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Oui, même les kangourous préhistoriques s’y mettent.

 

Le désavantage tient dans le fait qu’on oppose justement de jeunes adolescents à des bestiaux préhistoriques, selon une formule un peu ridicule à mon sens.

S’il y a bien des exemples d’ingéniosité, l’arme principale des humains face à une telle menace (comme lorsqu’ils font brûler des plantes toxiques afin de neutraliser des créatures simiesques) on remarquera

très souvent que la majorité d’entre eux n’ont pas d’armes- alors que plusieurs scènes montrent clairement qu’ils sont en capacité de créer des versions primitives d’arcs, de haches et de lances.

Des armes, qui,  au hasard, auraient été fort utiles contre les grands oiseaux se mettant à brutaliser le groupe. La solution de Sengoku, le personnage principal, lorsqu’il constate que le groupe est en pleine débandade ?

Se placer au milieu des oiseaux et pousser un cri primal de ralliement ! Et, shônen oblige, devant une telle démonstration de témérité, qui, dans des circonstances normales, lui aurait valu une prompte mort, le reste du groupe retrouve courage et se met à harceler les agresseurs.

A un moment, Miraya, le monsieur je-sais-tout attitré, lui indique que l’ossature de l’oiseau doit être plus fragile à un certain endroit ; Sengoku s’arme d’une simple pierre, frappe et tue la bestiole, provoquant la fuite de ses congénères. Victoire !

Le souci tient donc notamment dans la suspension d’incrédulité. Que les « héros » doivent se sortir de situations les mettant de plus en plus à l’épreuve, c’est une mécanique narrative de base, encore faut-il que le rapport ne soit pas trop disproportionné.

Lorsque vous voyez Yarai, 14 ans, 1m90, bâti comme un char d’assaut et aussi à l’aise en combat qu’un vétéran de la Légion Etrangère, se défaire de plusieurs créatures avec des clés servant de coup de poing américain improvisé, ou brillant de coolitude en sauvant de jeunes femmes in extremis, il y a de quoi hausser fortement les sourcils.

Et se décrocher les sourcils en le voyant bastonner à mains nues une chimère dotée de trois têtes, mesurant cinq mètres et dotée d’une langue-fouet.

 

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Bien sûr, Yarai humilie également les autres humains- sauf dans un cas particulier où le Script a besoin qu’il en aille autrement.

 

Si seulement il y avait plus de démonstrations d’intelligence, l’utilisation de pièges, d’outils spécifiques, en un mot de véritables préparations, à la place des trop régulières solutions sur le vif, ce serait autrement plus plaisant et crédible que de miser le paquet sur l’effet « pouvoir de l’amitié ».

Assurer la cohésion du groupe et l’entraide pour que chacun ait le maximum de chances de survie, c’est

tout à fait logique et rationnel- devenant un peu mièvre lorsqu’on veut trop le « shôneniser ».

Une illustration frappante survient lorsque le groupe veut grimper sur la montagne la plus haute de l’île pour avoir une vue d’ensemble. Hélas ! Montant trop rapidement, à cause du changement de pression et d’oxygénation, ils sont tous frappés d’hallucinations.

Mais Miraya indique que ces hallucinations ont toutes été efficacement combattues car chacun d’entre eux parlait de s’en sortir ensemble, merci Sengoku le leader sans peur et sans reproches, yaddi yadda.

Parce que, pour continuer dans le cliché, Sengoku était quelqu’un de tout à fait médiocre, sans talent spécial, sans grand charisme, écolier dans la moyenne ; mais grâce à la force du Gary Sue et du dépassement de soi, il devient le pivot faisant tenir tout le groupe, la figure d’espoir à laquelle tous se raccrochent, n’hésitant jamais à se mettre en danger et faisant preuve d’une force de volonté hors du commun.

Et vous savez quoi, ami Lecteur ? Tout cela ne serait pas tellement important si Cage of Eden jouait la carte du délire à fond, quitte à être aussi nanardesque que Jeux d’enfants, lequel vole haut dans l’outrancier et l’absurde.

Mais Yamada veut se prendre au sérieux, veut qu’on s’attache à ses personnages et que l’on craigne pour leur survie, sauf qu’il est assez difficile d’avoir de la tension lorsque…

 

Achalander le client

 

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Mise en contexte : elle et son compagnon de cellule sont supposés être exécutés dans quelques heures, le garde est sous la coupe d’un chef qui règne par la terreur et n’hésite pas à faire tuer les gens. Je sais que le désir sexuel embrouille le raisonnement, mais tout de même…

 

… le fanservice s’invite d’une telle manière. Passer d’une scène où un personnage frôle la mort à un plan se focalisant sur les dessous d’une adolescente n’aide pas vraiment à l’immersion.

Ce ne sont pas des occurrences isolées, mais une récurrence devenant passablement lassante.

Évidemment, un côté ecchi va aider à attirer des lecteurs, sauf qu’ici, cela devient réellement envahissant. Vous avez, forcément, les scènes de bain purement gratuites, avec des dialogues lumineux comme « Quand les seins sont assez gros, ils flottent, regardez ! » avec toute l’importance pour développer l’intrigue ou les personnages que l’on peut imaginer.

Malgré la question de survie qui devrait s’imposer lorsque le groupe se stabilise, on surprend un personnage à vouloir tuer Sengoku afin d’avoir les filles pour lui tout seul (des rêveries un peu trop récurrentes, par ailleurs). Ou Sengoku se faisant reprendre à de multiples reprises sur son côté pervers par Rion, son amie d’enfance, dans une registre comique parfois franchement inapproprié.

Ou lorsqu’une femme manipulatrice, habituée à être admirée, ne comprend pas pourquoi Sengoku ne veut pas d’elle, et alors qu’elle est quasiment nue, essaye de l’étrangler pour le punir (et meurt peu après).

Il y a aussi le garçon de dix ans qui se fait passer pour une fille (et en joue à de très nombreuses reprises), attire à un moment l’attention d’un trio affublé du « complexe Lolita », trio qui jouera un rôle essentiel en plus !

Ou toutes les couvertures de chapitres qui mettent en scène les personnages féminins possédant les poitrines les plus opulentes de façon sexy. Mention « collector » à la couverture où elles sont justement classées par médailles selon la taille de leurs seins.

Ou…

Mais je pense que vous avez compris, ami Lecteur. Combiné avec des morceaux de romance étant parfois fort dispensables (comme la fille croyant que Yarai était amoureux d’elle mais l’avait rejetée à un moment critique, relation qui n’aboutira à rien tandis que la fille elle-même joue un rôle à peine tertiaire dans l’histoire) le manga perd encore en crédibilité et adopte un ton définitivement juvénile, qui ne cadre pas tellement avec l’optique de survie sur une île infestée d’espèces normalement disparues depuis des millions d’années.

Le problème va toutefois plus loin que ça. S’il est heureux de voir les personnages évoluer et s’endurcir, une bonne part du casting féminin demeurer nettement plus fragile et plus vulnérable que la gent masculine : la senseï de Yarai qui lui sert de faire-valoir et déclencheur émotionnel, l’hôtesse de l’air (celle dans l’image précédente), maladroite et naïve, passe pas mal de temps à être enlevée ou en danger, même chose pour Rion qui se fait sauver plusieurs fois in extremis par Sengoku…

D’autres, à l’instar de celle pratiquant des arts martiaux, relèvent le niveau, néanmoins et globalement, ne vous attendez pas à une image glorieuse de la femme dans Cage of Eden. Pardonnez-moi du peu lorsque vous avez des perles comme celle-ci :

 

« L’amour est toujours la chose la plus importante pour les filles. » Je n’ose imaginer, dans ce cas, quelle doit être la chose la plus importante pour les garçons…

Rajoutez donc le pouvoir de l’amour à celui de l’amitié, pendant que je pousse un grand soupir.

Avec tout cela, nous voilà bien mal partis pour compter sur le côté psychologique de l’œuvre, un aspect pourtant important lorsqu’on traite de la survie de groupes humains hétérogènes, dans des situations où le vernis de civilisation, loin du cadre de la société, se fendille plus ou moins fortement.

Au début, il y avait quelques bonnes pistes. Le cas du personnage adulé, mais ayant secrètement tué quelqu’un dans un moment de confusion était intéressant : à un moment, le stress monte à force de voir afficher un message indiquant « j’ai tout vu », ce qui le rend paranoïaque, et il tue celle en train de tracer ces mots.

Pas de chance ! Elle ne savait rien et avait été forcée d’accomplir cela par un lunatique se faisant appeler Hadès, qui lui avait tout vu.

Rongé par le remords, l’assassin commence par craquer et… Forme un sous-groupe tuant d’autres personnes pour le fun ? Puis se fait pardonner par Sengoku, avant de supposément périr pour se racheter ? Un sentier narratif se terminant en rapide impasse.

Il y a aussi le groupe qui a dans son sein une jeune voyante, dont le don est factice. Sa manager tient à conserver l’illusion, et quoi de mieux que de prédire des morts avant de les orchestrer soi-même, hein ?

Sauf que la clairvoyante va se mettre à avoir de véritables prémonitions, dont celle de la mort sanglante du manager et du reste de son groupe. Elle aura ensuite et inexplicablement quelques autres visions funestes, à l’impact discutable, avant de prendre sa place dans la communauté de Sengoku en tant que personnage purement secondaire.

Il y avait un peu plus d’espoir avec ce quidam :

 

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N’est pas Negan qui veut.

 

Ce charmant gentleman dirige un autre groupe parce qu’il est médecin « et tient la vie de tous ses esclaves entre ses mains », rôle qu’il a décroché en laissant mourir l’ancien leader en refusant de le soigner.

Un écrivain dit au groupe de Sengoku que sa méthode marche aussi parce qu’il fait comme les nazis, avec un système d’informateurs créant une ambiance de paranoïa (un des moments où Yamada essaye d’être informatif, sans que cela fonctionne à chaque fois).

Oubliant que pour que cela marche, il faut quand même une « police »- élément qui n’est pas vraiment mis en avant, pas plus que la présence d’un bras droit. Le groupe du médecin fait réellement figure de moutons obéissants.

Et comme Nishikiori joue surtout du bâton en utilisant pratiquement pas la carotte, même pour ceux qu’il veut privilégier, il est assez étonnant qu’il n’y ait aucune révolte- ou un départ massif pour aller survivre de façon plus confortable- au passage, la nourriture n’est jamais un problème, ni les intempéries.

D’ailleurs, à partir du moment où cet arc narratif est introduit, les bêtes de l’île sont quasiment évacuées de l’histoire ! L’un comme l’autre camp de survivants ne semblent plus inquiétés, pas plus qu’en cheminant dans la jungle. Il y a bien le combat contre la chimère, surtout là comme remplissage et rajouter une lutte improbable ; le focus est réellement sur l’opposition entre Sengoku et Nishikiori, ainsi que sur la résolution du mystère.

Cela fait une césure assez artificielle avec le reste, ce qui personnellement n’était pas un mal : les plans de Sengoku ne sont pas toujours stellaires (« Allons voir si on ne peut pas juste convaincre les gens d’arrêter de suivre Nishikiori ! ») mais au moins, on passe moins de temps à observer des adolescents effectuer des mouvements de combat et d’esquive plus ou moins improbables.

Peut-on alors se rabattre sur le mystère ?

 

Perdu dans les volumes

 

Je ne vais pas jouer la carte du suspens : non. Si vous avez entendu parler de Cage of Eden, vous savez probablement quel triste sort on réserve à sa fin.

Impossible en effet de parler du manga sans l’évoquer, car on sent bien la pression qu’a reçu le mangaka pour finir son œuvre : les derniers arcs narratifs sont menés tambours battant, des raccourcis sont pris et la conclusion tombe comme un morceau de fromage rance dans la soupe, avec rien de moins qu’une ellipse de trois ans pendant lesquelles rien de grave ne se passe, car, étrangement, les animaux préhistoriques ne s’approchent pas de l’endroit où ils ont établi leur camp définitif !

Si on a bien une épreuve finale (la guerre-éclair contre l’autre grand groupe de survivants) avec une montée des enjeux, le dénouement, lui, est comme une pelote de laine allant dans toutes les directions.

Qui est Hadès, figure énigmatique survivant sans le soutien des autres ? Aucune idée, et après sa manipulation bien pensée du début, il ne fait que de rares apparitions, avec peu d’impact.

Comment l’avion est-il réellement parvenu ici ? Que voulait dire le pilote en affirmant que ses compétences n’étaient pour rien dans leur atterrissage sans faille ? Vous n’en saurez rien.

Une idée du futur du groupe ? A vous de la forger, les survivants vont sur un bateau, et à partir de là, chacun imagine ce qu’il veut, n’apportant aucun sentiment de clôture après autant de volumes passés à vouloir bâtir une trame narrative.

Ce n’est pas le genre d’œuvre où l’on peut dire que c’est le voyage qui prime sur la destination. Clairement, Yamada voulait nous amener quelque part ; que ce soit à cause de la pression éditoriale, d’une planification peu efficace de sa part, ou probablement d’une combinaison des deux, on se retrouve à la dérive, avec des révélations confuses et abracadabrantesques. 

 

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«  Qui suis-je ? Tu ne le sauras pas ! »

 

Cage of Eden est également émaillé d’éléments invraisemblables, lesquels, rajoutés à une atmosphère déjà pas spécialement crédible au bout d’un moment, nuisent à l’œuvre.

Miraya a un PC portable qui non seulement contient une encyclopédie avec des informations sur toutes les espèces qu’ils rencontrent, mais en plus, commodément, il se recharge avec un petit convertisseur d’énergie mécanique !

Les pseudo-ours menacent de tuer les humains ? La pluie (on n’en revoit jamais par la suite) tombe juste à ce moment, camouflant leur odeur !

Sengoku est blessé après une chute ? Un loup alpha avec lequel il avait sympathisé mystérieusement avertit le reste du groupe !

Une espèce de baie rouge provoque des réactions mortelles ? Pas de soucis, l’herbe qui lui sert d’antidote pousse dans le même coin ! Etc.

Quant à la tension concernant la survie, elle vacille fortement. Pour une raison simple : on repère rapidement les têtes d’affiche, et le mangaka ne prenant pas trop de risques, on sait rapidement qui va avoir le droit à son ticket d’immunité narrative™, et les infortunés placés dans la catégorie « peut être tué selon les besoins du Script ».

D’ailleurs, l’œuvre verse plus dans le manichéisme que dans les zones grises, si vous êtes un personnage doté de mauvaises intentions dans ce manga, vous avez 90% de chance de connaître une mort plus ou moins atroce à court ou moyen terme.  C’est beau, le karma.

De l’autre côté du spectre, si vous êtes empli de compassion, vous obtenez un bonus dantesque pour survivre là où on ne s’y attendrait pas. Les enjeux sont donc attaqués de tous les côtés, et ce n’est probablement pas les dialogues, pollués entre autre par une dose d’ecchi trop prononcée, qui vont s’avérer passionnants.

Voilà un bien sombre tableau, ami Lecteur, n’est-ce pas ? Et il vrai que de mon point de vue, il n’y a pas grand-chose à sauver dans Cage of Eden. Mais avant de prendre le bus pour la conclusion, un encadré

 spécial !

 

Il spoil complètement la fin, donc ne lisez que si vous ne comptez pas lire le manga et que vous vous demandez comment cela peut être encore pire.

 

* SPOILERS *

Révélation

 

Les dinosaures ont été créés artificiellement- jusque-là, pas de surprise.

L’île elle-même est une construction totalement artificielle, un projet ayant pris plus de 40 ans avec un budget dépassant apparemment les trois plus grandes fortunes mondiales de l’époque. Commodément, il n’y a aucune date sur les installations créées par l’homme (du moins, pas avant la toute fin), même si le niveau d’avancement technologique, combiné à l’état de dégradation des infrastructures, donne bien en avance des indices.

Sans compter l’inscription RIP sur une tour, avec le nom d’un personnage de leur groupe. Une inscription en latin, que l’hôtesse de l’air déchiffre, sans bien sûr en faire part à quiconque…

Bref, vu que ces installations laissent présager qu’ils ne sont pas dans le passé – les espèces présentes appartiennent de toute façon à plusieurs ères distinctes – la conclusion « logique » est qu’ils ont été envoyé dans le futur.

Un futur où ils sont tous supposés morts, l’avion n’ayant laissé aucune trace ; il y a un mémorial sur l’île avec tous leurs portraits. Le phénomène reste totalement inexpliqué, mais là n’est pas le plus beau.

Pourquoi l’île abrite tous ces animaux disparus ? Car l’initiateur du projet, président du plus puissant conglomérat japonais, voulait rendre hommage à sa fille qui adorait ces bêtes préhistoriques.

Puis le projet a été repris et conduit par la mère de Sengoku, n’ayant jamais fait son deuil. Pourquoi y a-t-il de nombreuses espèces de végétaux comestibles pour les humains ?

Parce que, les semaines précédant sa mort, elle avait fait des rêves où son fils vivait de « merveilleuses aventures avec des amis » sur cette île. C’est tellement tiré par les cheveux qu’une équipe de perruquiers ne serait pas de trop.

Il n’y a pas de présence humaine préalable à cause d’une attaque terroriste, ce qui n’explique pourquoi, catastrophe ou pas, une île ayant demandé des billions de yens d’investissement ait été laissée comme telle. La technologie utilisée à elle seule est un trésor inestimable…

Sauf, bien sûr, si un cataclysme a frappé le monde dans l’intervalle. Mais ça, impossible de le savoir !

Tout cela n’a pas grand-sens, et ne résout que peu d’interrogations.

 

 

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« La cage de la désillusion »

 

Citation

 

Cage of Eden partait sur un concept tout à fait acceptable pour donner lieu à un manga axé sur la survie.

Malheureusement, on sentirait Yamada plus à l’aise dans un manga où le côté shônen ne s’embarrasserait ni des subtilités de la psychologie des personnages (régulièrement clichés), ni de la construction d’un mystère, bancal et à la résolution finissant en pétard mouillé.

Quitte à abandonner toute vraisemblance, que les personnages développent des pouvoirs surnaturels aurait été un plus- ou bien alors que la carte de la survie soit jouée de façon plus crédible.

En l’état, je pense que même l’amateur de castagne finira par se lasser à force d’affrontements improbables, entremêlés de fanservice qui met en berne les tentatives de prendre l’aventure au sérieux –et sur tellement de volumes…

Si vous désirez quelque chose ne lésinant pas sur l’ecchi mais assumant plus son côté « bébête », je vous orienterai vers Highschool of the Dead (neurones en repos) ; si vous préférez une histoire de survie avec de vraies émotions et une psychologique des personnages étudiée, allez plutôt vers Suicide Island.

En dernière analyse, on pourra reconnaître la qualité graphique… Mais c’est insuffisant pour relever le niveau.

 

 

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Recommended Comments

J'ai acheté les 21 volumes sortis en France chez Soleil Manga, et j'ai pris beaucoup de plaisir à suivre l'histoire.

Malgré tout, je dois bien reconnaître que les défauts que tu pointes sont bien réels et peuvent clairement ternir la lecture de quelqu'un d'assez exigent (mention spéciale à Yarai pour avoir défoncé un animal préhistorique à lui tout seul).

 

Merci pour cet article, j'ai pris du plaisir à le lire !

 

 

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